Vieux voeux

 

Des vœux, des souffles et des respirations…

Ici quelques morceaux choisis pour se souvenir de ces transitions passées, de ces bornes-repères sur le chemin, quelques éclats de voix comme quelques éclats de lumières. Ici en cette suite de “vieux voeux” qui ont la jeunesse de celui qui les lit, quelques invitations à danser les mots et les images sur la ligne de nos temps, à engendrer des régressions comme des projections en âge.


2013


Ribambelle d’ombelles pour ne pas dire de cœurs noués
De faces dévoilées et de façades polies
Les réseaux sociaux s’interpellent
Chacun son droit, sa place, sa nasse
Cohortes et exubérances de données
D’informations, d’expositions, d’inceptions
Comme d’alertes, de déceptions, de rebellions,
Du simple relevé ou du repérage à l’appel à témoins
Tout se dit, tout se dédit
Métamorphoses possibles à tous les coins de page
Fantastiques creusets d’apprentissages
Floraisons pour apporter l’ailleurs à nos pieds
« Inscription Point », près de Wutpaki, à convoquer des Champollion ?
Degrés zéro de nos écritures ?
Les déserts resplendissent de beautés soupçonnées et inexplorées
A nous de jouer

Corolles ou escarcelles vides ou pleines
Les États s’étonnent de leurs poches percées
Certains s’en détournent et s’échappent
L’Orient est bel et bien éveillé
Le bon, la brute et le truand mis à mal ?
Crissent les vortex et s’illuminent nos étoiles
Inventer et se réinventer sans cesse
La fin du monde n’était donc pas pour hier

Pirouettes de scénariste ?
Les renaissances sont toujours à l’ordre du jour
Vies au delà de nos regards et de nos tablettes
Vies écartés, oubliées, ignorées
Les ormes et les pruniers sont à la fête
Les faisans en visite nous frôlent et nous enchantent
Leçon de choses en pleine nature
Territoires à réapprendre, à reconquérir, à partager ?
Respirer pleinement, « réinitialiser nos sens »
Resplendir de curiosités, accueillir les frissons du monde
Laisser nos imaginations se débrider et s’épanouir
Ouvrir la voie aux mystères, aux risques d’erreurs et d’illusions
Questionner nos connaissances, nos rôles, nos missions
Prises de recul, relations et solidarités réinventées
Nous, mutants humains, au pays des merveilles
Sculpteurs et poussières d’étoiles en germes et en gerbes !

Christine Guilloux

 

 


2012
voeux_2012


Convocation pour s’engager dans de nouvelles péripéties,
pour se coltiner à des frémissements prémonitoires de trémolos
Les faits sont là : l’année nouvelle est bel et bien entamée
Transitions, mutations, révolutions
La modification ?
Ne jamais baigner ou patauger deux fois dans les mêmes eaux
Les apprentissages sont sources permanentes de jouvence

Opalescences, convalescences, coalescences ?
Le monde crisse, s’ébruite, crépite
Sans Zorro pour sauver les pépites
Les bourses frémissent, dévissent, grésillent
Entre écrans et claviers
Les costauds bousculent les gringalets
A moins que ce ne soit l’inverse
Qui dompte qui ? Qui jongle ?
Le joueur de baseball de Chinle Wash ?
Salut l’artiste !

Ondes cérébrales alpha et bêta en effervescence
Pour juguler les inquiétudes, poser pied à terre
Penser globalement, agir localement

Des prisons s’érigent ou changent de forme
Bourrasques, tsunamis ?
Barreaux invisibles mais non invincibles
La crise est encore sonnée
Il est l’heure/heurt de la conversation
Art de l’attention et de la détention ?
Les réseaux batifolent, battent les cils et les paupières
La cartographie se fait à l’échelle d’un cerveau planétaire
Absorptions et déglutitions en lignes
Grouillements et rapprochements, performances et survie
La toile tisse à n’en plus pouvoir mais

Les domovoï se sont tapis
Espiègles et sans cesse farceurs
Ils se plaisent à nous ramener à nous-mêmes,
A nous faire redécouvrir l’extra-ordinaire
De chaque jour, de chaque nuit, de chaque étoile
Écouter les sittelles, humer les épices des vins chauds

Ici et ailleurs, no where and now here
Nous réserver pour la créativité, la sérendipité
Groupes collaboratifs à distance de proximité
Pulsions, compilations, passions, compassions
Vent dans les voiles
Quel chemin de Compostelle pour nous ramener à nous-mêmes ?
Les chants s’étirent
Les calendriers Maya annoncent des renaissances
Les laboratoires vivants s’étonnent
Bras levés au ciel
Nous, élèves indisciplinés de l’évolution,
A accoster les neurosciences, à questionner nos identités
A provoquer au creux de nos cheminées
L’épreuve du neuf, l’expérience de ce qui est là.

Christine Guilloux

 

 


2011

Convocation pour s’engager dans de nouvelles péripéties,
pour se coltiner à des frémissements prémonitoires de trémolos
Les faits sont là : l’année nouvelle est bel et bien entamée
Transitions, mutations, révolutions
La modification ?
Ne jamais baigner ou patauger deux fois dans les mêmes eaux
Les apprentissages sont sources permanentes de jouvence

Bond en avant pour une nouvelle fin du monde ?
Les mayas sont appelés à la rescousse
Défis lancés entre l’Orient et l’Occident
Les ébranlements sont de rigueur
Les systèmes précaires et fugaces en recherche d’homéostasieLes ressources s’épuisent, les technologies se consomment
A perte de vue, spéculations, emballements garantis non assurés
Des îles disparaissent, des pays émergent
Trésors vivants en veine d’inspirations comme en peine d’aspirations
Qui est otage de qui ?Nostradamus se retourne-t-il dans sa tombe ou rit-il aux éclats ?
Arabesques, spirales logarithmiques ou spirales dorées
Les mystères sont entretenus entiersLa terre tourne vers les lustres d’un continent au soleil levant
Les tornades n’ont pas fini de tourbillonner
Les galaxies de s’étendre, les étoiles de scintiller
Fortifiants pour se reconstituer ?

Superpositions, translations, symétries, copies se déploient
Envolées lyriques ou poussées d’acné ?
Les tentatives sont parfois couronnées de succès
Les violons d’Ingres deviennent des passions
Les peurs tues ou rabattues
Les croyances brandies justifient tous les excèsLes neiges ne sont plus du Kilimandjaro
Les brouillards sculptent des givres luminescents
Chroniques de vies annoncées
Entrelacs et pirouettes pour se réconcilier avec soi-même
Se ragaillardir, cultiver l’écoute, le respect, l’élégance
Sourire aux anges, laisser surgir les domovoï
Transcendances du quotidien, interludes d’harmonies
Serait-il temps d’être au présent ?
S’exercer à la virtuosité, à la curiosité d’être
Simplement

Christine Guilloux
16.01.2011

 

 


2010


Exploser de silences
Tous scénarios confondus
Les journaus témoignent de dix années après le siècle
Repères indomptés pour une vie indomptable ?

Les uns disent malédiction
La terre tremble, la terre se crispe, la terre respire
D’autres constatent les envahissements
La production se cristallise du côté du soleil levantLes uns disent respirations
Les planètes muettes à nos yeux
Entonnent des mélodies
Les voies lactées s’illuminent
Hommes et petits d’hommes continuent à babiller
Leçons de choses, leçons d’histoireEffacer les traces du passé
Résidus, vestiges, témoins de civilisations disparues
L’histoire sans cesse recommencée ?
Se montrer, se démontrer, se démonter
Les écrans sont chancelants, volatiles, pandémiques
D’aucuns réclament le droit à l’oubli
D’autres crient le devoir de mémoireLes uns et les autres se cherchent
Les cultures s’éliment ou se lustrent
Les risques se veulent assurésCliquetis interstellaires pour nous rappeler à nous-mêmes
Chanter le blues ou se conter fleurette
Ressorts de nos victoires et de nos défaites
Vibrer, ronronner ou rugir en cette année du TigreConciliabules d’hémisphères
Ruptures pour mille renaissances
Entrer dans la légende
Les comas traversés, les océans sont immenses
S’émerveiller des soubresauts de la vie.

Christine Guilloux, 31.12.09

 

 


2009


Crisser sur le carreau, glisser sur le pavé
Se retenir de pouffer Le souffle est coupé
Les sirènes alarment, bullent, tintinnabulent
D’aucuns sourient à l’effet Panurge
que d’autres disent boule de neige
Et s’envoient des cristaux en guise de révérence.

Trouver son calme dans le mouvement brownien
Menaces et prédictions médiatiques
qui ne sont que des mots (gros)
Mettre à distance et sourire à la pantomime
grotesque, ubuesque, absurde
Y a-t-il lieu de fuir, de combattre, de se figer ?

Trouver son calme, son centre, son équilibre
Poser pied à terre, bien qu’un peu chahuté
Sentir le sol sous ses pieds, la sève de la terre
Respirer le ciel, les étoiles, la lumière
Jaillir de soi-même dans cet ici et maintenantContempler ce qui est là
Cette tapisserie et son tisserand
sur un aplat d’Anasazi Ridge
Imaginer la sienne, les siennes
Et faire des siennes et un pied de nezBondir et rebondir à la source de soi-même
Ondées, cascades, ruisseaux, torrents, fleuves, océans
Tramer, tresser, broder, orner les tissures de chaque jour
Des souffles, des mouvements, des beautés de la vie.

Christine Guilloux, 29.12.08

 

 


2008
circle of life 2008


S’enrouler, se dérouler en un hiver inattendu et redécouvert
Qui nous invite aux blancs en neige, aux cristaux de glace.
Y a-t-il lieu de déchanter ou de s’ébahir?
De dévisager aurores de brume, étincelles de givre, patinoires et miroirs
De se tenir au chaud, de se rapprocher, de se cogner les uns aux autres
De s’emmêler dans les étonnements des chutes de température
De sentir l’hiver en soi, de retrouver des sensations anciennes, de s’apprendre des sensations nouvelles comme de songer à des coins de feu égarés en nos mémoires ou en nos imaginaires
Indécence ou pudeur à discuter d’un sujet qui porte à tout, comme à n’importe quoi
Oscillations, pendulations dans ces lents mouvements de vie
Grognements de grande mer, invitations à vivre pleinement
Il est bon de laisser reposer la pâte, de laisser infuser, de se laisser prendre le temps d’autres saveurs
Tous sens en sommeil, tous sens en éveil
Etapes de transitions,transfigurations, transformations, transmutation

Glisser dans la douceur d’il était une fois
sans savoir si cette fois-là vient d’hier ou de demain
tout en sachant qu’elle est d’aujourd’hui
Etre dans la présence à ce qui est là
Concocter des images, des mélodies, des mets, des projets
Ronronner de plaisir avant que de jaillir
Pépites de lumière et lucioles
Tintements de grelots et carillons
Saupoudrées d’épices et arômes
Entre l’Orient et l’Occident, ou l’inverse
Accueillir comme s’accueillir à toutes sortes de croisées de chemin
Aller à la rencontre comme à sa propre rencontre
Tintinnabuler, clignoter, trembler à ces beautés, à ce feu d’artifice
sans artifice
Respirer de tous ces temps, ces rythmes, ces mouvements
S’inspirer et resplendir, Ecouter s’enchanter créer
maintenant, demain, simplement présent
tout au long de cette volée de nouvelle année
que je vous souhaite ouverte à bien plus de deux mille huit bonheurs…

Christine Guilloux

 

 


2007
bishop 2007


Lever le doigt ou le rentrer
Pointer la lune ou le rêve
Entonner un refrain ou une mélopée
Pointer, lever le nez ou s’ériger
Marcher pas à pas ou au pas
Écarquiller les yeux

C’est un pourquoi pas qui annonce des myrtilles
D’autres y verraient des lentilles
ou encore des mantilles

C’est un défilé d’images, un tour de passe-passe,
un éventail de lumières, de sons, de parfums

Voir et lire les nuages
Écouter leurs murmures
Sentir le vent bâiller et s’étirer dans les branches
Extérieur et intérieur
Les mondes se fondent et se confondent
Repères et seuils de destination

C’est un pourquoi pas qui irise
Ou pétille ou piaffe
Glisser sur la neige, sur l’eau, en soi
Vibrer à l’écoute des grillons, des crécelles
Effilocher la marelle et en délier les fils
Défier l’itinéraire, créer de nouvelles règles de jeu
S’ancrer pour mieux jongler de tous ses sens
Laisser faire et laisser se faire
Sentir du plus profond de soi-même le flux de la vie

Lever le doigt ou le rentrer
Sans jouer d’escarmouches ni botter en touche
Respirer à pleins poumons
Nos arborescences, nos réseaux, nos métiers

C’est un pourquoi pas énigmatique
qui nous invite à construire
nos cathédrales et nos paysages
en chœur et de cœur…
et de tout cœur, mes vœux vous accompagnent pour cette année 2007…

Christine Guilloux