Depuis le Japon

Sommaire
Des femmes ?
De la formation
Finesses et barbaries

L’article présenté ici a été publié dans la revue Réseau Formation n°3, octobre 1991. Les photographies qui l’illustrent ont été prises par Christine Guilloux.

Par trois fois, de 1983 à 1985, Christine Guilloux, consultant et formateur, a séjourné au Japon. Elle a été invitée dans des foyers et a pu faire l’expérience, en hôte de la vie d’une famille japonaise. Christine Guilloux a assisté à la conférence de François Conrath aux Entretiens Condorcet. Elle a souhaité ajouter ces quelques lignes, “en marge”.

 

impressions au soleil levant

Trois séjours, trois sauts de puce pour être impressionnée, pour hésiter entre l’article et le poème, pour envisager des retrouvailles, pour confronter mes étonnements à des pamphlets qui maintiennent le Japon en marge, dans son île, dans ses particularités, dans ses défis, dans sa haute estime de soi.

Les propos, l’expérience, le point de vue de François Conrath témoignent de l’éthique qui régit leur vie quotidienne, leur tolérance collective, leur esprit d’équipe… dans une lutte permanente pour la survie.

 
Des femmes ?

La tradition cohabite avec la haute technologie. Les jeunes filles sont en fleurs à Harajuku. Les étudiantes sont aussi nombreuses que les étudiants à l’Université. Les jeunes femmes disparaissent des entreprises se marier, élever leurs enfants, se faire intendantes et gardiennes du foyer. Elles peuvent reprendre le chemin de l’entreprise, plus tard, une fois les enfants grandis, élevés, casés. Mais à quels postes ? Les polémiques restent ouvertes. Une étude de 1984 faisait ressortir que 32,5% des femmes célibataires disaient vouloir travailler avant le mariage. Mais pour satisfaire quels besoins ? Besoins d’autonomie, de confrontation, de rencontres, d’échanges ? J’ai connu de jeunes japonaises en France… qui affichaient un certain mépris pour le “mariage arrangé”, le miai, et semblaient se délecter à l’expérience d’une certaine liberté, à l’expérience d’une activité professionnelle sans la teinte apparente du sexisme. J’ai connu de jeunes femmes japonaises au Japon qui étaient déroutées par ma façon de vivre, moi, femme occidentale qui décidait, sans arrières pensées, sans gêne, sans contrainte apparente, d’aller et de venir de par le monde, de faire quelques sauts de puce en leur pays. J’ai connu une japonaise, mariée, n’ayant qu’un enfant, et dont j’ai partagé le foyer : la rencontre était “arrangée” par un organisme international de mise en relation. Cette jeune femme, Kumiko, voulait recevoir une jeune française, même âge, même profil. Nous avions le même âge mais un profil, une vie si différents. Le quotidien était réglé comme du papier à musique, scandé par les entrées et les sorties d’école, les cours du soir et les autres activités de son fils de huit ans, mais encore par les entrées et les sorties – plus ou moins prévisibles – de son mari, riche commerçant de l’immobilier. Est-ce parce que j’étais étrangère que je recueillais ses humeurs sur ses pas et sur ses gestes contraints dans sa luxueuse maison de banlieue, salon-cuisine américain et pièce à vivre traditionnelle, sur tatami, qu’elle me disait son envie de voyager, d’apprendre aillleurs, d’être plus autonome ? Sa curiosité était grande : était-ce parce que mon oreille était de passage, était-ce par besoin de “copier”, d’adapter ? Elle me demanda même de l’accompagner dans une librairie pour dénicher des ouvrages, biographies ou écrits de femmes extraordinaires, racontant leurs aventures, leur cheminement, leur histoire. Alexandra David Neel, Anaïs Nin, Colette faisaient partie de son voyage à elle. Les librairies japonaises sont vastes, fournies et regorgent de traductions du monde occidental. Le goût de la découverte peut s’y satisfaire tout à loisir ! Quelque deux années après notre cohabitation, elle m’écrivit son premier voyage, son voyage au Canada avec son fils, et tout son plaisir à sortir de l’emprise de son époux.

Le mariage est une institution qui garantit la stabilité du foyer, qui équilibre les forces, qui maintient l’ordre social. Les révolutions auxquelles s’attendrait l’occidental sont bien loin. Même si certaines jeunes femmes semblent vouloir autre chose. L’espace est restreint à tout point de vue, la famille soude et renforce l’esprit de groupe. Les crèches sont rares au pays où les couche-culottes en tissu se louent à la semaine, au pays où l’on voudrait l’enfant-roi.

(photo femmes japonaises, cérémonie du thé)

 
De la formation

Au cours de mon séjour chez Kumiko, autre objet d’étonnement, voire de scandale. Je vins munie d’un “programme de festivités”, enfin d’une liste d’adresses et de contacts dans le domaine de la formation. J’avais le souci de rencontrer des formateurs et des organismes de formation. Tous mes interlocuteurs seront masculins, à une exception près! Et je serai toujours reçue avec force café ou thé, servi par une jeune fille tout en sourires et en salutations.

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En première ligne, la Kanrisha Yosei Gakko. Cette école, aux pieds du Mont Fudji, se veut former à la confiance et à la politesse des nouveaux embauchés…, et les managers qui ne seraient pas suffisamment disciplinés. Pour y accéder, pour aller sur place, là où les stagiaires planchent en résidentiel et sur un rythme mené tambour battant, le parcours se présente comme celui d’un combattant : il faut d’abord montrer patte blanche auprès du directeur de l’école, annoncer ses intentions, sa curiosité, ses motivations à en savoir plus sur cette école qui dispense une entraînement d’enfer ! La patte blanche, c’est aussi de venir avec une interprète, française venue se former à la laque japonaise auprès d’un maître. La patte blanche, c’est de converser tranquillement sur les nouvelles générations qui ne respectent plus les traditions, sur le relachement des mœurs, c’est de refaire le monde, à la japonaise ! C’est de revenir aux vraies valeurs de la vie en groupe ! La politesse est une denrée qui se perd et il la faut sérieuse, sévère, marquée de salutations : la politesse est au premier rang des disciplines travaillées au cours des 13 jours du Séminaire d’Entraînement de l’Enfer.

A la Kanrisha Yosei Gakko, aucun cours n’est magistral, tout passe par la pratique et par l’examen. Le stagiaire est noté et il doit faire de mieux en mieux jusqu’à obtenir les 60 points nécessaires au passage – le diplôme, la reconnaissance du savoir faire et du savoir être pour retourner dans son entreprise – 100 serait parfait. 25% des effectifs réussissent en 13 jours; les autres poursuivent jusqu’à l’obtention des 60 points ! La patte blanche, c’est de déguster un café au lait, un thé d’orge, un café “on the rocks”. La patte blanche, est-ce de se montrer poli ou d’envisager de “faire savoir” l’école ? Là où il s’agit de construire la conscience d’être un chef.

L’étrangère que je suis obtient donc son “coupe-file”, son “pass”, son droit de visite. Quatre heures trente de voyage depuis Tokyo par les trains de banlieue, le Shinkansen et le taxi. La Kanrisha Yosei Gakko est nichée dans une campagne verdoyante où la vue s’étale sur le Mont Fuji. J’arrive donc, après un en-cas, à la résidence. Là, un formateur m’accueille, en anglais, – Je ne suis pas chaperonnée d’une interprète ! – et me laisse découvrir le site par l’observation et non par la pratique ! J’ai donc quartier libre dans une résidence où les salles de formation sont aussi dortoirs, où radio, télévision et journaux sont exclus, dans une résidence qui fait face au Mont Fuji et qui, pour moi, fait figure de résidence secondaire dans un parc où le calme affronte un espace dépouillé, ascétique, reposant. Ici et là, des petits groupes s’activent, révisent le geste ou le mouvement, débitent un texte, écrivent un rapport… Ici et là, des stagiaires passent l’examen d’une discipline – faire un exposé, répondre au téléphone, saluer, répondre du tac au tac à une série de questions, réciter un texte parfaitement… -, d’une unité de valeur sous l’œil sévère d’un des formateurs et d’une femme, chargée de l’évaluation. S’ils réussissent, ils s’affublent d’une étiquette-label qui vient rejoindre celles précédemment obtenues dans les autres disciplines. J’ai aussi, par mon interlocuteur bilingue, confirmation des propos tenus par le directeur de l’école, confirmation de ma démarche et de la nécessité de ramener les masses de managers, des Kacho, à la discipline et à la politesse. La clientèle est essentiellement constituée de managers des PME-PMI, pour 80%, et de japonais, bien que des coréens y soient acceptés. Quarante quatre formateurs interchangeables régissent ces treize jours de formation non-stop mais aussi d’autres sessions de formation plus courtes à destination de jeunes embauchés et même d’adolescents. La notoriété de l’école s’asseoit sur le bouche-à-oreille et sur les 30 000 formés-diplômés ! L’école vise à développer l’intelligence par l’action : le volontaire désigné se doit de prendre conscience de son niveau de compétence, de ravaler sa fierté, de se centrer sur l’acte et le modèle, d’apprendre à observer pour traduire en actions concrètes, de développer ses potentialités et d’asseoir sa confiance, d’arriver à “faire les choses naturellement” et parfaitement. Pour ce faire, le parcours est effectivement celui du combattant. Véritable jeu de piste, labyrinthe, chasse au trésor où il s’agit de décrocher l’étiquette de passage, le label de qualité, la reconnaissance de sa conformité au modèle. Chaque soir, le stagiaire rédige en trente minutes son rapport de stage à son responsable hiérarchique. Le formateur est là – ils se relaient à trois par jour pour assurer le suivi -, dirige en montrant comment il faut faire, quelle est la procédure à suivre, la bonne procédure, la bonne manière : il s’implique dans la démonstration et s’investit totalement dans son rôle de transfert. La vie quotidienne est devenue très difficile, il faut s’armer et c’est pourquoi cet entraînement intensif à “arriver à faire parfaitement des choses que l’on sait déjà” permet d’acquérir lucidité et force.

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J’assiste à la cérémonie de remise des diplômes. Les diplômés sont en costume de ville, les autres ont conservé leur tunique blanche, celle des épreuves, étiquetée. La fête au saké sera pour plus tard.

Folklore que tout cela ? Folklore comparable à ces formations au saut à l’élastique, à la survie, au management de combat que nous verrons poindre en notre occident quelques années plus tard ? Deux organismes, l’un californien, l’autre français s’y risquèrent. Quel fût le fin mot de l’histoire ? Je reste admirative devant tant de conviction mais les moyens mis en œuvre m’interrogent. Mes deux interlocuteurs prêchent le bon sens, la simplicité, la politesse, l’étiquette, le zéro défaut… Qui s’acquièrent par entraînement à outrance ? Un entraînement qui va jusqu’au bout, jusqu’à la réussite, jusqu’au réflexe et un entraînement qui prône l’ouverture, la découverte, la sensabilisation. L’école qui serait comparable dans la durée ? L’école du théâtre.

Folklore que tout cela ? La jeune femme qui me reçoit à la Japan Management Association, crie au scandale, ou presque, devant ces formations “uniques” en leur genre qui ne peuvent être considérées que marginales. Elles ne sont ni reconnues ni évaluées par la J.M.A.. Ces stages, souligne-t-elle, forment un esprit guerrier, combatif, conquérant qui peut avoir eu son utilité et ses heures de gloire au Japon dans les temps anciens, aux périodes de rapide expansion économique. L’économie japonaise ayant aujourd’hui atteint la maturité, nécessaire aux jours d’aujourd’hui, l’industrie a besoin de managers intelligents, perspicaces, aptes à prendre des décisions. Pour elle, ces stages sont essentiellement pratiqués par des PME-PMI en phase de croissance.

La Japan Management Association œuvre dans une réflexion sur le management à l’école du Japon : elle valide des stages, édite une newsletter et des publications, organise des rencontres sur la qualité, le zéro défaut. Cette organisation, concurrencée par le Japan Productivity Center, la J.U.S.E., le J.E.T.R.O. et d’autres associations professionnelles, regroupe 1 500 entreprises. Je repars avec une masse de documents… dont le thème d’une newsletter n’est pas sans me surprendre et ne m’étonne guère : “Permissiveness to lying – A Feature of Japanese Culture ?” Là encore, ne s’agit-il pas de refaire le monde à la japonaise où les conflits naissent à tout bout de champ ? Là encore, il s’agit de se rappeler sur quelles valeurs reposent le fonctionnement du groupe : courteoisie et civilité fondent le savoir-vivre. Les japonais se retiennent de mener des actions contraires à la cause du groupe auquel ils appartiennent. Le mensonge est chose permise quand il est besoin de maintenir la cohésion du groupe. Et c’est faire preuve de maturité que d’en user pour la sauvegarde du groupe comme d’user de ruses élaborées pour éviter à un adversaire de perdre la face et pour éviter une éventuelle confrontation, tout comme de dire “oui, mais” pour esquiver le “non” ou de dire “oui” pour simplement signifier “je suis là et je vous écoute”. Ce qui compte d’abord, c’est de préserver la relation…, de sortir de la logique pour promouvoir la psycho-logique. Politesses, politesses que tout cela qui induisent salutations, présence, amabilité, recherche de la “sympathie”, collations, petits cadeaux pour entretenir de bonnes relations, pour œuvrer pour le bien-être de tous.

J’explore d’autres mondes. Je fais connaissance avec la Japan Management School, spécialisée depuis 1958, dans les cours par correspondance sur des durées d’une année à trois mois mais je ne parviens pas à identifier la clientèle. Depuis sa création, 300 000 personnes, émanant essentiellement de grandes entreprises, auraient été formées par ses soins, tant en cours par correspondance qu’en séminaires internes. Elle fait état de l’existence de 700 entreprises de cours par correspondance, dont 10 grosses dans le monde des affaires. Le directeur me rappelle les besoins du Japon dans les années 1950 : rétablire les fondements de l’économie japonaise mais surtout trouver une forme de management adaptable à la situation économique, se détacher du modèle américain, créer des méthodes japonaises pour les japonais. Les formations sur le tas, les formations au poste de travail s’organisent en interne. Aucun stage inter-entreprise n’a lieu : le personnel est formé dans son entreprise et nulle part ailleurs.

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En autre lieu, en dernier lieu, de nos notre propos sur la formation, je ne saurai ignorer l’Ecole des Maîtres du Monde, l’Ecole de Matshushita de gouvernement et de gestion. Il ne s’agit pas de formation continue ou continuée mais de former, à la base, de jeunes japanais de 21 à 25 ans à construire le XXIème siècle. J’y suis reçue par un administratif – les enseignants, ne sont pas permanents – et un jeune étudiant sur un campus qui se pourrait bien campus d’université américaine. Grande allée bordée d’arbres, arche d’inspiration grecque incertaine, beffroi ou clocher néo-mexicain, jardins, pavillon de cérémonie du thé, résidence de dortoirs…. Chigasaki, banlieue de Tokyo. La transition est étonnante. Le calme cohabite avec les esprits studieux, la propreté et l’ordre. Le XXIème siècle sera japonais et les étudiants, recrutés non sur diplôme mais par une sélection sévère sur la base d’un projet personnel d’un objectif pour le Japon. Les études, gratuites et agréementées d’une allocation mensuelle, durent cinq ans et ne concernent pas plus de trente élèves par promotion. D’abord deux ans de cursus commun, puis trois ans à développer son terrain de recherche, d’expérimentation et d’application de son projet : il s’agit de former, de s’entraîner pour préparer demain, de “se sacrifier pour faire un meilleur Japon”. Mon guide-étudiant, dont le père est producteur de saké, insiste sur le fait que les hommes politiques, qui se forment à cette rude et difficile école, sont là, non pour faire carrière mais pour devenir des hommes chargés d’entraîner le Japon dans sa croissance, son expansion, son extension… en s’appuyant sur de solides valeurs morales. Les cinq serments de l’étudiant sont de porter à son achèvement son projet, d’être autonome et fiable, d’apprendre de chaque chose, d’être créatif, d’être reconnaissant et contributif.

L’école a été créée en 1980 par Matshushita pour former les chefs du XXIème siècle, les Maîtres du Monde. Le message fondateur est l’amour du pays et du peuple japonais, de prospérité, de bonheur et de paix pour l’ensemble de l’humanité. Les chefs sont donc formés en toutes disciplines, la culture générale et les arts traditionnels japonais ayant une large place dans le cursus. La cérémonie du thé est un pivot central : elle enseigne le respect de l’autre, la modestie, une fine saveur de paix et de sérénité.

Là encore, l’éducation se veut forte de formation des esprits aux valeurs. Là encore, l’entraînement prime. Là encore, le savoir-faire et le savoir-être se mêlent. Là encore, se joue le temps. Ce qui n’est pas sans me rappeler les principes, les règles du jeu de go : avoir un dessein, mener de nombreuses actions modestes et répétées, jalonner, connecter puis clarifier, ne pas abandonner la partie, jouer sur plusieurs damiers à la fois… Le XXIème siècle sera japonais ? Le jeu se joue à l’échelle de la planète, champ infini de possibilités. Les pierres se posent sur de multiples territoires… Ai-je froid dans le dos ? La climatisation fonctionne à merveille mais j’ai un sentiment de vide dans ces locaux trop nets, trop nus, trop aseptisés. Moi, barbare de l’occident, hermétique à la subtilité japonaise… ?

Finesses et barbaries

Les convictions sont profondes, répétées, inscrites. Nos écoles ne prêchent pas à ce point les valeurs traditionnelles, la morale et la réflexion. L’étiquette est devenue absente de notre conduite et de nos codes de vie. D’aucune s’est fait accusatrice des “business ploucs” – !!! – et c’est chacun pour soi.

Je lis Eloge de l’ombre de Tanizaki et me révolte devant tant de hauteur… et de fierté. La conception japonaise du beau, l’esthétique qu’il convient de savourer en étant “enraciné” dans la culture nationale et rompu aux techniques étrangères, sous peine de tomber au niveau de ces Occidentaux qui s’en vont à la recherche d’une vaine “mystique orientale” , est déclinée en un flamboyant, désinvolte et explosif pamphlet.

Mais c’est une autre histoire et c’est la même histoire.

Traditions, traditions pour ne pas se laisser dévoyer par le progrès, pour ne pas se laisser asservir par la machine mais s’en servir, pour maintenir l’ordre social et la cohésion du groupe, pour parler d’harmonie et de qualité de vie dans une lutte permanente pour la survie.

Le luxe n’est-il pas d’œuvrer dans la durée, d’user des invisibles, de s’appuyer sur ce qui rapproche et non ce qui oppose, d’avoir des valeurs morales fortes. Mais est-ce un luxe? Nous avons aussi des “trésors vivants”(lien) à réhabiliter. Nous avons aussi à regarder ce qui nous rassemble, à construire sur nos arts et nos qualités. Une des leçons à tirer de mes sauts de puce, de mes explorations aux quatre coins du monde ? Je terminerai par les propos que met Marguerite Yourcenar dans la bouche de l’empereur Hadrien: “Notre grande erreur est d’essayer d’obtenir de chacun en particulier les vertus qu’il n’a pas et de négliger de cultiver celles qu’il possède.