Vœux 2016

À la frange des traditions toujours présentes, jongler avec les temps, s’égarer dans la confusion des saisons. L’hiver ne semble pas vouloir pointer son nez. Le Noël au balcon annonce-t-il des Pâques au tison ?
Acrobates donc pour nous souhaiter une année 2016 plus sereine et paisible que celle qui vient de s’écouler, pour nous souhaiter d’œuvrer à construire ensemble un monde meilleur dans le respect et la richesse de nos diversités.
Ci-dessous ma traditionnelle carte de vœux dont le texte s’accompagne d’un dessin inspiré d’un panneau d’art rupestre de Nine Mile Canyon, dans les comtés de Carbon et de Duchesne, Utah, USA.  Un canyon foisonnant de styles, de thèmes, d’énigmes…

 

nine mile canyon

Urgences, urgences
Les écrans scintillent, les bougies flagellent
Exception, disent-ils
Se conformer à la règle ou se faire taper sur les doigts ?
 
Les caricatures ont tiré plus vite que leur ombre
La ville des lumières, surprise, atterrée, interdite
De nouveau frappée de plein fouet
La Marseillaise et les drapeaux sortent des greniers
Dans tous leurs états, sans fleur au fusil, sans fusil
 
Des populations migrent pour un Eldorado
Les portes s’ouvrent et se ferment
L’herbe est toujours plus verte ailleurs
Au Nord de nos espérances
Mondes pitoyables et impitoyables
 
Les téléphones ne sonnent plus,
Les messageries instantanées éclipsent les face à face
Les réseaux sociaux regorgent de bisounours et de compléments alimentaires
Piles et faces cachés pour des enjôlements, des enrôlements perfides
Le tout est le contraire de tout
Substances toxiques et élixirs de jouvence
 
Entendre les arbres tomber mais pas la forêt pousser
 
Pause, arrêt sur image et sur son,
Oui, Liberté, j’écris ton nom
Avec le cœur, les tripes, les mots
 
Inspirer et se poser
Écarter les voiles et les voilages
Déposer les clés, les verrous, les codes
Accueillir ses peines, ses joies, les merveilles de ce qui est là
S’ouvre à l’inconnu du ciel, de soi, de l’autre
 
Ouvrir ses bras, son cœur, son âme
Apprendre à être au monde dans l’écoute des silences
Respirer le présent avec toutes ses aspérités, ses courbes et ses déliés
Regarder les arbres pousser, les oiseaux danser
Apprendre à nous féliciter de l’arc-en-ciel de nos différences
Rêver, goûter et se nourrir de la beauté du monde
Se souvenir des belles choses du passé comme celles de l’avenir
Oeuvrer à grandir et à construire.
La terre, le ciel sont en nous.
Merci la vie.

Christine Guilloux